Cuisiner de saison en pratique : comment intégrer les légumes du marché dans sa semaine
Samedi matin, au marché, tout donne envie : un potimarron, une botte de blettes, un chou-fleur gros comme un ballon, des pommes. Mercredi soir, le potimarron trône toujours sur le plan de travail, les blettes ont ramolli, et on fait des pâtes. Ce n’est pas la bonne volonté qui manque. Pour cuisiner les légumes de saison toute la semaine, il faut surtout leur réserver une place dans le planning, avant de les acheter ou juste après.
Pourquoi les légumes du marché finissent au fond du bac
Les légumes d’automne ne se cuisinent pas comme une barquette de tomates cerises. Un céleri-rave s’épluche, une courge se coupe avec un bon couteau et un peu de patience, un chou entier nourrit trois ou quatre repas. Achetés parce qu’ils étaient beaux, sans recette en tête, ils attendent qu’on trouve l’idée et l’énergie. Un soir de semaine, on a rarement les deux.
L’autre piège, c’est la quantité. Au marché, on achète à la pièce ou au kilo, pas à la recette. Un chou-fleur entier pour un gratin prévu pour deux, et la moitié qui reste n’a plus de destination.
Une semaine, trois légumes : la règle qui tient
Plutôt que de viser une semaine entièrement de saison, choisissez trois légumes de saison et donnez à chacun deux usages. Trois, c’est assez pour varier, et assez peu pour que chacun soit fini. Par exemple, pour une semaine d’octobre :
- Blettes : les feuilles en omelette lundi, les côtes gratinées mardi.
- Potimarron : en velouté mercredi, rôti au four avec des pois chiches jeudi. Il se cuisine avec sa peau, inutile de l’éplucher.
- Poireaux : en fondue sous un filet de poisson vendredi, en quiche samedi.
Le deuxième usage n’est pas un détail. C’est lui qui écoule la moitié du potimarron qu’on n’aurait pas su placer. Quand il est écrit dans le planning, le reste a déjà une destination.
Les fragiles en début de semaine, les robustes à la fin
Tous les légumes de saison n’ont pas la même patience. En automne, la répartition est simple :
- À cuisiner dans les deux ou trois jours : épinards, blettes, champignons, salades, brocoli.
- Qui tiennent la semaine : courges entières, carottes, céleri-rave, betteraves, choux, panais, pommes de terre.
C’est pour ça que les blettes ouvrent la semaine de l’exemple et que les poireaux la ferment. Placer les plats à base de légumes fragiles en premier, et garder les robustes pour le jeudi ou le vendredi, évite l’essentiel des pertes. C’est le même principe que celui qui fait d’un planning un bon outil contre le gaspillage alimentaire.
Préparer une fois, servir deux fois
Les légumes d’automne demandent du temps de préparation, mais ce temps se mutualise. Une plaque de potimarron rôti le dimanche soir donne la base du velouté de mercredi et l’accompagnement de jeudi. Des poireaux émincés d’un coup se gardent deux ou trois jours au frais, dans une boîte fermée.
Pas besoin d’y passer son dimanche après-midi. Il s’agit seulement de ne pas sortir la planche à découper deux fois pour le même légume.
Partir du marché ou partir du planning ?
Les deux marchent, à condition de choisir.
- Le planning d’abord : vous choisissez vos trois légumes d’après ce qui est de saison (le calendrier des fruits et légumes de l’ADEME le montre mois par mois), vous planifiez la semaine, et vous partez au marché avec une liste.
- Le marché d’abord : vous achetez ce qui vous fait envie, puis vous planifiez la semaine le jour même, avant que l’envie retombe.
Ce qui ne marche pas, c’est d’acheter sans liste et de planifier « plus tard ». Si vous démarrez, le guide pour planifier ses repas de la semaine explique comment poser une première semaine réaliste.
Et Mijoty dans tout ça ?
Mijoty ne choisit pas vos légumes et ne connaît pas les saisons : il planifie vos propres recettes. C’est justement ce qui compte ici. Un velouté de potimarron trouvé sur un site s’importe en quelques secondes et rejoint votre carnet : vous le retrouverez l’automne prochain. Une fois la semaine planifiée, la liste de courses se fait seule, triée par rayon. Les légumes y sont regroupés : c’est la partie de la liste qu’on emporte au marché.
Cuisiner de saison n’a rien d’un défi de chef. C’est une question d’ordre : trois légumes, deux usages chacun, les plus fragiles en premier.
Mijoty
Curieuse, gourmande et un poil espiègle. Elle a une opinion sur tout — surtout sur ce qu'il y a dans l'assiette. Elle parle de repas, de famille et de ces petites organisations qui changent vraiment la vie.